theatrelfs

Dimanche 17 octobre 2010 à 6:23

 

 

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            Giselle
et un ballet contemporain de l’opéra de Lyon, chorégraphié par Mats Ek. Chorégraphe et danseur contemporain originaire de Suède, il est réputé pour faire jaillir la psychologie tourmentée des personnages à travers les gestes des danseurs qui les incarnent, et bousculer les conventions du ballet. Ces particularités sont parfaitement reflétées par Giselle, qu’il crée en 1982.

           En effet, ce spectacle est un Giselle classique revisité. A l’origine, ce ballet romantique met en scène une jeune paysanne, Giselle, qui meurt de tristesse en découvrant que le duc  Albrecht dont elle est éperdument amoureuse est fiancé. La Reine des Willis, esprits de jeunes filles mortes vierge, décide qu'Albrecht doit suivre Giselle dans la tombe. Elle le condamne donc à danser jusqu'à la mort, par épuisement. Mais l'esprit de Giselle, en dansant avec lui, arrive à le sauver.

La Giselle de Mat Ek est différente, elle repose sur des idées plus contemporaines. Dans sa réinterprétation, le premier acte se déroule sur une île volcanique. Le seul élément de décor est un arrière-plan représentant un paysage tropical qui pourraient sortir directement d’un dessin animé: des collines verdoyantes à la rondeur exagérée suggérant la sensualité du corps féminin. Moquée par les autres villageois, Giselle est souvent seule dans son coin. Cette opposition est marquée par la différence entre leurs costumes : giselle porte du rose tandis que les paysans sont en gris ou kaki. En outre, elle est la seule avoir les pieds nus, ce qui souligne sont coté « enfant sauvage ».

Son fiancé Hilarion l’aime sans vraiment la comprendre et l’attache avec une corde pour l’empêcher de s’échapper. Malgré cette précaution, Giselle se libère et rencontre Albrecht, un jeune noble de la ville. Il est alors l’objet d’une fascination infinie de la part de la jeune femme. J’ai trouvé que la chorégraphie rendait l’amour de Giselle très crédible : le désir de découvrir l’autre était évident, tout comme la timidité signifiée par l’éloignement et le rapprochement alterné des deux protagonistes. De plus, le personnage de Giselle se comportait comme une enfant, ce qui la rendait d’autant plus touchante (déplacements à quatre pattes, grands mouvements de bras, sautillements, …) .

Découvrant l’amour naissant de sa fiancée, Hilarion s’oppose violement à Albrecht. S’ensuit une confrontation entre les paysans et les nobles, où Giselle est une fois de plus mise à part. Les villageois entrent en scène en poussant d’énormes œufs, symbole de prospérité et d’abondance. Alors qu’ils ne dansent que pour gagner de l’argent, d’une manière lourde et maladroite, les nobles entament une dance gracieuse qui s’y oppose. Albrecht semble alors renier Giselle pour retourner auprès de sa propre fiancée.

Le chagrin d’être trahie par Albrecht ne la tue pas, mais la rend folle. On comprend que Giselle perd la raison lorsqu’elle seule est éclairée, comme si elle était tout à coup seule au monde, et que les danseurs autour d’elle dodelinent de la tête de plus en plus vite. Les danseurs incarnant Hilarion et Albrecht, l’un en blanc, l’autre en noir, tournent ensuite en accélérant autour d’elle, peut-être pour signifier le tournis ressentit par Giselle.

Elle est donc envoyée dans un asile psychiatrique. Le rideau du deuxième acte se lève sur un arrière-plan surréaliste représentant une salle dont la porte est fermée, avec des morceaux de corps humain flottant dans l’espace : une paupière, un nez cubique, une oreille simplifiée, un sein, des morceaux de doigts… Les fous, vêtus de simples robes d’hôpital blanches, entrent en scène en rampant sous des draps blancs. La ressemblance à des larves leur hôte leur humanité, ce qui insiste sur le fait qu’ils sont considérés comme de moins que rien. Giselle se différencie par le bandage qu’elle porte au front comme si elle avait reçu un gros coup. Cet élément costume rappelle la blessure psychologique qu’elle a subie.

Hilarion se rend à l’asile pour tenter, en vain, de rendre la raison à sa fiancée. Certainement pris de remord, Albrecht rend à son tour visite a Giselle. La nuit qu’il passe à l’asile l’ouvre a une autre vie : l’harmonie avec la nature et la vanité des choses matérielles. Il retourne sur l’île volcanique du premier acte entièrement nu, comme pour retourner à la pureté primitive après avoir vidé son esprit. On peut aussi penser que le séjour passé à l’asile auprès de Giselle l’a lui aussi rendu fou.

J’ai trouvé la chorégraphie de Mats EK touchante et juste : l’amour émanait du personnage de Giselle et les fous du deuxième acte entraînaient presque le spectateur dans leur folie. Pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de voir ce spectacle, je conseille la vidéo suivante. Il s’agit de la rencontre entre Giselle et Albrecht, au début du premier acte. Contrairement à la représentation en direct, cette vidéo permet de voir l’expression des visages des danseurs.

http://www.opera-lyon.com/programme-en-ligne/indexsans.php?page=40

J’attends vos avis avec impatience !


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Julia Pflimlin

 

Par clara le Mardi 19 octobre 2010 à 14:42
Julia, ton compte rendu me plaît beaucoup ! J'aime la façon dont tu retranscris cette performance et comment tu interprètes les différents symboles avec enthousiasme.

Cependant, je dois avouer que j'ai été assez déçue du spectacle, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord (mais je pense qu'effectivement ce n'est pas le meilleur argument), parce que j'ai vu Giselle l'année dernière avec la mise en scène traditionnelle, je crois que j'ai eu un peu de mal à me défaire de l'histoire originelle. Dans la mise en scène de Mats EK, J'ai eu l'impression de voir une Giselle simplette, un peu folle, peut-être un peu trop "enfantine" comme tu disais. Alors que pour moi, Giselle n'est pas ce genre de personne : elle est plutôt quelqu'un d'honnête, qui a toute sa tête même si elle meurt de chagrin à la fin du premier acte. Et l'acte 2 ! En regardant le programme, le choix d'un asile psychiatrique m'avait beaucoup intriguée, mais là pareil, manque de liens entre la nouvelle et l'ancienne version : pourquoi nécessairement remplacer des jeunes filles mortes de chagrin par des malades, des folles? L'intérêt de l'infirmière? Où était la Reine des Willis? (je doit dire que pendant longtemps je n'ai pas fait le point que Giselle était la malade avec le bandeau, je pensais justement qu'il s'agissait de la reine...)
Ici, c'est un point de vue très, très subjectif, mais je tenais à le dire.

Ensuite, à plusieurs reprises je n'ai pas trouvé d'intérêts véritables aux éléments du décors : les oeufs (vraiment, un symbole de prospérité??), les membres disparates sur un fond de cellule d'asile (quel intérêt?), et enfin, Et Enfin, l'apparition de l'homme nu sur scène : qu'on soit bien d'accord, je n'ai rien contre les hommes nus sur scène, seulement là, je ne voyais vraiment pas pourquoi la représentation de la pureté devait à tout prix se caractérisée par la nudité (ou alors sinon, que le danseur aille jusqu'au bout : qu'il se mette face au public ! bon, attention âmes fragiles...).
Justement, dans le programme, deux pages sont dédiées à l'explication des symboles représentés sur scène ; si vraiment ces symboles avaient un intérêt, le spectateur en aurait remarqué et interprété au moins un ou deux, et il ne serait pas nécessaire de les expliquer dans le livret car ils devraient relever de l'évidence!

Au point de vue de la danse maintenant (indépendamment de la performance des danseurs, qui je trouve est vraiment remarquable, avec tous les sauts, etc.) : au 1er acte, les mouvement sont toujours un peu les mêmes, et peu brutaux parfois (même si le contraste chorégraphie/musique était de temps en temps intéressant). Le deuxième acte s'est fait attendre : à ce moment là, j'ai ressenti plus de recherche dans les mouvement et j'ai apprécié ces déplacement de groupe, une belle synchronisation.

Finalement, j'ai été plutôt déçue de ce spectacle. Je crois que j'en attendais un peu trop de leur part...
Par fabiola le Mercredi 20 octobre 2010 à 8:33
Julia, ton article est très intéressant et complet. Et ce spectacle m'a particulièrement plu. En revanche,je ne suis pas du même avis que Clara.

Tout d'abord, avant d'entrer dans la salle, on s'attendait déjà à un ballet de Giselle contemporain. Et qui dit contemporain, dit revisité. C'est ce que Mats Ek a fait : il a revisité le décor (un peu trop "artistique" à mon goût d'ailleurs), les costumes, les mouvements et les déplacements, mais aussi et surtout, les personnages et leurs caractères. Mats Ek a alors réinventé le personnage de Giselle, touchante, enfantine, innoncente aussi. Enfin, la chorégraphe suédois a aussi revisiter les actes du ballet, plus modernes, actuels. Tous ces choix, je pense, ont été fait pour, d'une part, donner une nouvelle vision de la danse classique traditionnelle, et d'autre part, peut-être (c'est une hypothèse), de renouer le lien entre la danse (classique/contemporaine) avec le public, qui, peut-être (c'est toujours une hypothèse), avait du mal avec ce genre de divertissement. Quoi qu'il en soit, le ballet contemporain de Giselle sur une musique originale classique m'a beaucoup plu : on sort du déjà-vu !

Ensuite, pour revenir à ce dont tu ne trouves pas d'"intérêt". Tout a un intérêt. Et même s'il n'y en a pas, il y a toujours un intérêt esthétique (cf. Hofesh Shechter !!). Tout d'abord, l'asile psychatrique. C'est une sorte d'hyperbole du chagrin amoureux, si on peut dire. Il faut prendre ça au sens actuel du terme. De nos jours, quand un couple se sépare, les personnes ne sentent pas très bien, même pas bien du tout, et certains en deviennent fous ! D'où cet asile psychatrique. Ensuite, qu'y a-t-il dans un asile psychatrique ? Des folles ! D'où les personnages de Mats Ek. Ensuite, la Reine des Willis correspondait bel et bien à l'infirmière qui, en même temps, était dur et sèche, mais aussi douce et maternelle. Enfin, Clara, Giselle du ballet contemporain était mise en évidence par son bandeau blanc, comme la Giselle du ballet classique qui porte toujours une petite couronne ou un autre tutu pour se différencier.

Enfin, "Et Enfin !", l'homme nu. Sujet délicat qui a tout de même attiré le regard et les interrogations de tout le monde. Je suis de l'avis de Julia, en ce qui concerne la personnification de la pureté. Si le danseur avait mis une peau de bête pour cacher son sexe, la pureté n'aurait pas été représenté, mais plutôt l'homme des cavernes, et l'agressivité. Le corps nu d'un homme représente le corps nu d'un bébé, au moment de sa naissance : "L'homme naît bon", voilà la pureté par excellence ! D'où ce corps nu !! Enfin, n'allons pas jusqu'à dire au danseur de se retourner, tout de même, ça pourrait choquer un certain nombre de personnes, et puis je ne pense pas que ça aurait été accepté à Singapour. Enfin, l'explication de Julia sur les oeufs me convient : les paysans n'ont pas l'air malheureux, démunis, et au bord de la famine. Ces immenses oeufs représentent donc l'abondance, et la prospérité chez les paysans.

Pour conclure, j'ai trouvé ce spectacle d'une rareté et d'une originalité remarquable. De la danse classique (très) révisitée : du grand travail ! Magnifique spectacle, mais qui n'égal toujours pas le chef d'oeuvre de Hofesh Shechter :)
Par julia p le Mercredi 20 octobre 2010 à 12:29
Je vous remercie de m'exposer vos avis qui m'ont l'un et l'autre beaucoup intéressées ! Certains points auxquels je n'avais pas pensé ont en effet attiré mon attention.

Clara, je comprends ta préférence pour l'interprétation classique de giselle. J'ai moi-même eu du mal à m'habituer à la danse contemporaine les premiers instants, mais j'ai finalement fini par apprécier la fluidité et la souplesse des mouvements... En revanche, le caractère juvénile, enfantin, innocent (comme le dis Fabiola) de Giselle l’a rendue très touchante et attachante à mes yeux. J’imagine que cette impression est purement subjective. ☺

Au sujet des symboles, je suis d’accord avec toi : bien que la signification des œufs me soit parue évidente, j’ai trouvé certains d’entre eux un peu tirés par les cheveux. Je pense en particulier à cette espèce de peluche rouge et jaune qui apparaissait dans les deux actes : si le livret ne m’avais pas révélé, après coup, que ce que Giselle mimait au premier acte était un accouchement, je me poserais encore beaucoup de questions ! La signification de cette peluche étrange reste encore un peu vague… En plus, je ne sais toujours pas de quoi il s’agissait. Une fraise ? Une poupée? De là où je me trouvais, j’aurais juré qu’il s’agissait d’un paquet de frites McDonalds…

Enfin, au sujet de notre très cher danseur nu, je reste sans trop d’avis… Il est vrai que ce choix exprime bien la pureté du nouveau-né, comme le dit si bien Fabiola, mais pour quelqu’un n’a pas bien compris l’histoire, ce dénudement peut être très intrigant… Clara a raison, le danseur aurais peut-être du aller jusqu’au bout… J’ai beau lire et relire vos avis respectifs, je n’arrive pas à me faire le mien, ni a imaginer une fin alternative à ce « remake » de Giselle !

P.S. : merci infiniment à l'âme charitable qui a réussit à mettre des photos dans l'article, épreuve que je jugeais insurmontable... ☺
Par fabiola le Mercredi 20 octobre 2010 à 12:43
Julia, je me suis permise d'introduire à ton article deux photos :)

En ce qui concerne la "peluche", il s'agissait en fait d'un coussin en velour rouge, avec des franges jaunes d'un côté. Cela m'intrigue que ce coussin était censé représenter un accouchement( je vous avouerai que je ne me suis pas aventurer dans la traduction des brochures du ballet). Pour conclure, je pense que nous avons toutes les trois parlé de chaque aspects de ce ballet contemporain. J'en remet donc l'ultime commentaire à Mr Massis, qui je l'espère, pourra nous éclairer sur ses éléments qui ont suscité nos interrogations diverses.
Par theatrelfs le Lundi 3 janvier 2011 à 6:27
Je n'ai pas trop aime Giselle, parce que je n'ai pas completement compris toute l'histoire... les dances etaient interressentes quoique un peu repetitives a la fin... je me suis endormie pour la deuxieme partie et je me suis reveille juste a la fin quand l'homme s'est retrouve nu sur scene... (Camille Bou)
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