theatrelfs

Samedi 15 janvier 2011 à 13:02

MODEL CITIZENS

Du 11 au 15 Janvier 2010 a été présentée, au National Museum Gallery Theatre, la pièce Model Citizen, écrite par Haresh Sharma et mise en scène par Alvin Tan, avec Goh Guat Kian, Siti Khalijah et Karen Tan. Une représentation poignante et émouvante qui ne nous laisse pas indifférent.

Model Citizen est une pièce qui traite de sujets encore très peu exploités par le théâtre singapourien : le rêve d'une maid indonésienne de devenir une citoyenne singapourienne, la critique de l'extrémisme de certains chinois vis-à-vis de leurs origines, l'égocentrisme des femmes chinoises qui rayonnent grâce à la réputation de leur époux ou encore le bonheur et la famille, qui sont deux thèmes aussi très présents dans la pièce.

Sur scène, trois femmes : l'épouse d'un membre du Parlement, quinquagénaire et persuadée que Singapour deviendra bientôt la capitale de la Chine, une femme d'une quarantaine d'années, habitant dans un HDB, désespérée par le suicide sans raison de son jeune fils, et enfin la maid de cette dernière, malaisienne d'une vingtaine d'année "amoureuse" d'un citoyen Singapourien. Ces trois femmes, par un accident (le fiancé de la maid a poignardé un membre du Parlement, qui est en fait le mari d'une des trois protagonistes) évoqué dès la première scène, vont lier leur destin. 

D'autre part, sur la scène, un décor sombre, mais très bien utilisé : trois grandes armoires - renfermant sans doute les secrets de chaque personnage - et une chaise. Des jeux d'éclairages et de musique, qui accompagnent le spectateur à se plonger encore plus profondément dans l'histoire et à souligner clairement les sentiments et les émotions de chaque personnage. De plus, des images fortes, comme l'avortement de la maid ou encore la découverte, par l'employeuse de la maid - au même instant - du corps sans vie de son jeune fils.

Finalement, une pièce très subtile qui suscite joie et pleurs et qui nous fait comprendre les ambitions diverses de personnes issues de rangs différents. Enfin, des actrices talentueuses !



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F. Adicéom







Par Camille Bou le Dimanche 16 janvier 2011 à 6:30
J'ai beaucoup aime cette pièce, même si j'ai quelquefois eu du mal a suivre les traductions avec le jeu des acteurs. Je suis d'accord avec Fabiola quand elle dit que les acteurs sont très talentueuses, j'ai eu l'occasion de verser quelques larmes de joie et/ou tristesse Grace a leurs paroles qu'elles disent avec beaucoup d'émotions (évidemment, l'intrigue de la pièce y a aussi participe). Bref, une pièce très belle, je suis contente de l'avoir vue!
Par Camille Bou le Dimanche 16 janvier 2011 à 6:34
J'aimerai aussi rajouter que je suis surprise de voir, sans doute pour la première fois depuis mes neufs années a Singapour, des discours qui critiques le gouvernement et qui ne se sont pas fait censurer! Aussi, je remercie Fabiola pour avoir introduit cette idée des armoires qui cachent les secrets des trois femmes qui est intéressante...
Par Julia Pflimlin le Dimanche 16 janvier 2011 à 12:10
Je suis tout aussi étonnée que toi, Camille: je n'aurais jamais pensé que de tels sujet ne soient pas interdits et tabous... Certains sujets exposés ne m'étaient d'ailleurs jamais venus à l'esprit, comme par exemple la domination des chinois à Singapour! Cette pièce m'a donc ouvert les yeux.

C'est drôle, Fabiola, le dernier tableau de la pièce m'a fait imaginer la même chose que toi: trois armoires blanches imposantes au milieu d'une scène noire et épurée, trois personnages... C'était comme si leurs vies, renfermant ces secrets et ces problèmes, faisaient tache...

Le décor était bien pensé, il permettait de représenter une multitude d'endroits différents. Cependant, ces armoires m'ont embrouillée à plusieurs reprises car je ne reconnaissais pas les lieux... Pour moi, chaque scène se passait dans une nouvelle maison!

Embrouillée donc, mais pas seulement par le décor. J'ai parfois eu du mal à comprendre l'histoire (peut-être était-ce parce que j'avais raté la première scène...). Certains personnages étaient cités au téléphone, mais je ne savais pas qui ils étaient (qui est Margaret ??) J'ai aussi eu du mal à comprendre que certaines scènes correspondaient à des retours en arrière.

J’ai trouvé l’idée de la projection des conversations informatiques très originale. Cela donnait de la profondeur au jeu. Mais là encore, difficultés de compréhension. Qui parle ? A qui ?

Cette pièce m’a donc beaucoup intéressée, mais m’a demandé beaucoup d’efforts pour suivre et comprendre.
Par theatrelfs le Dimanche 16 janvier 2011 à 14:27
Julia, mais comment as-tu pu rater la première scène ? Ces personnages secondaires et absents (Margaret et ShiShi), je n'ai pas bien compris non plus qui ils étaient ; cependant, j'ai cru comprendre que Tony, était un compositeur/chanteur, qui publiait ses chansons et ses idées sur Internet, sous le nom d' "Angel". Pour ShiShi, celui-ci n'est qu'un internaute, qui aime à chater avec "Angel" au sujet de ses chansons.

Pour moi, les retours en arrière étaient clairs : on reprenait des éléments cités auparavant (suicide de Tony). D'autre part, en ce qui concerne les différentes maisons, il est vrai que, au fil de la représentation, nous nous retrouvions dans différentes pièces (le bureau de la femme du membre du Parlement, son salon, la chambre de Tony, la chambre de la maid, etc.) ; d'ailleurs, je me rappelle aussi des changements de tenues, successives, et en grand nombre (pour marquer les flash-back, et la succession des jours...)

Comme je l'ai déjà dit, cette pièce était très intéressante et m'a beaucoup plus !
Par theatrelfs le Dimanche 16 janvier 2011 à 14:29
* Fabiola (pour le commentaire précédent !)
Par clara le Lundi 17 janvier 2011 à 15:15
Encore une fois, je garde un très bon souvenir de cette représentation. Un jeu fluide, clair pour chacune des actrices. Un décor sobre et savamment utilisé. Des flashbacks bien arrangés, afin mettre du relief dans la pièce sans pour autant laisser le spectateur se perdre dans la temporalité de la pièce.

Le texte est d'une bonne cohérence selon moi, et le dramaturge à su, et correctement, utiliser 3 langues différentes pour montrer une sorte de malaise entre 3 milieux sociaux de Singapour, le but n'étant pas de simplement remarquer le différences de culture ou autre, mais de constater ce qui se passerait (dans le cadre d'une situation exceptionnelle) quand ces milieux se rencontrent, communiquent, interagissent entre eux. De ce point de vu, la pièce était très intéressante.

Les actrices ont fait également un travail remarquable. De telle sorte que comme toi Camille B., je n'ai pu m'empêcher de verser quelques larmes, ou de tordre mon écharpe dans tout les sens tellement j'étais sous tension : au début on y va progressivement, le temps de nous situer le contexte, et à peine dix minutes sont passées que nous nous sentons partir dans ce qui m'a semblé un spirale dans laquelle on assiste à la face cachée de trois femmes qui semble pourtant être des "Model citizens". Je me rappelle encore de cette réplique lancée par la femme chinoise : "le plus important c'est l'extérieur, à l'intérieur rien n'a d'importance", parce qu'on ne le voit pas.

Enfin, ça faisait longtemps que je n'étais pas sortie d'une salle, encore dans mes pensées, à me répéter des répliques clefs qui m'ont marquées.
Par Clémentine K le Mercredi 19 janvier 2011 à 12:04
Personne n'en parle, je me demande donc si j'ai été la seule à avoir une "Q and A session" à la fin de la représentation ? J'étais à la séance du vendredi soir, et donc à la fin de la pièce le public a eu une quinzaine de minutes pour poser des questions au metteur en scène et à l'actrice qui joue celle dont le fils s'est suicidé (à mon grand désolement je ne me souviens plus de son nom). Bref, la première question qui a été posée fut (évidemment) comment la pièce avait réussi à échapper à la censure. A cette question le metteur en scène a eu l'air très surpris ! Il a dit qu'il n'avait eu aucun problème, qu'il avait seulement reçu la recommandation de mettre une restriction d'âge (du style "Parental guidance advised") à l'entrée (à cause des thèmes du suicide et de l'avortement, sans doûte). J'ai trouvé ça interessant, comme quoi Singapour a fait un pas en avant depuis "Amélie Poulain" interdits au moins de 18 ans... mais il faut savoir que le seul reproche qui est (ouvertement) fait, c'est celui du "manque de compassion du gouvernement", ce qui n'est pas non plus totalement révolutionnaire. Les autres reproches, comme par exemple l'absurdité d'un pays où l'on parle quatre langues différentes, ce qui empêche tout le monde de se comprendre, sont plus insinués que déclarés ouvertement.
Une deuxième question du public qui a attiré mon attention fut celle d'un Australien qui demanda ce que le metteur en scène aurait voulu que nous apprenions grâce à cette pièce, puisque le thème du festival était "Education + Arts". Ce à quoi ledit metteur en scène a répondu, que la morale n'était pas quelque chose de conventionnel, mais quelque chose qui vient du coeur... à nous de méditer cela... (puis il est parti dans un délire sur le "nouveau réalisme au théâtre" auquel, je dois admettre, je n'ai rien compris).
J'espère que ces petites précisions peuvent éclairer ceux et celles qui ont eu la chance de voir cette pièce !
Sinon, d'un point de vue personnel, j'ai été très émue par le jeu, la musique lancinante au piano, mais surtout l'histoire : des moments très forts, on l'on peut vraiment passer "du rire aux larmes" en une minutes (ça fait cliché mais c'est vrai !). Bref, une pièce que j'aurais plaisir à revoir si jamais une nouvelle mise-en-scène se présente.
Par theatrelfs le Vendredi 21 janvier 2011 à 4:36
J'ai lu avec attention tous vos commentaires. Model Citizens reste pour moi, encore aujourd'hui, la meilleure pièce singapourienne qui m'ait été donné de voir ici. Enfin, on sort des clichés, du théâtre facilement gagné aux rires des spectateurs (parce qu'on les brosse encore et toujours dans le sens du poil). La preuve est aussi faite qu'une pièce de théâtre peut faire réfléchir tout en étant, par endroit, légère.

En son temps, j'avais écrit un article sur lepetitjournal.com pour encourager les gens à aller voir cette pièce.

Enfin, pour terminer, je citerai le dernier prix Nobel de littérature, M.Vargas Llosa : "A force de confondre culture et entertainment, la profondeur se perdra". Là, avec le tandem Haresh Sharma et Alvin Tan, on est sûr de la garder encore un peu...
Par Mélanie Lacroix le Samedi 22 janvier 2011 à 4:42
J'ai beaucoup aimé cette pièce ! Tout comme vous, j'étais très étonnée de voir qu'elle avait échappé à la censure... J'ai aussi eu du mal à comprendre le début de l'histoire... j'avais du mal à suivre les conversations sur l'écran - je trouvais que ça allait trop vite.. après, je ne sais pas pour vous :) - Et pareil, qui sont Angel et Shishi ? De plus, je ne suis pas vraiment bilingue alors pour comprendre tout ce qu'ils se disaient en "langage internet"... ! Mais j'ai fini par comprendre bien sûr !
La mise en scène était aussi très intéressante. J'ai bien aimé comment chaque armoire représentait la vie, l'univers et "les secrets" de chacune d'entre elles, comme vous l'avez dit. D'ailleurs, j'étais étonnée de voir que tout était bien organisé pendant les noirs. Car j'ai le souvenir d'une pièce de théâtre à Lasalle où pendant les noirs, lorsqu'il fallait changer les meubles de place, tout était bruyant, brouillon et donc, mal organisé. Dans Model Citizens, tout était fluide et maitrisé. Je sais que ce n'est qu'un détail mais c'est parce qu'en général, je n'aime pas vraiment voir les acteurs sortir de leur jeu et remettre la scène "en place". Mais là, cela ne m'a pas du tout gênée !
Pour ce qui concerne le jeu d'actrice, j'ai vraiment aimé ! Elles ont vraiment toutes, beaucoup de talent. A tel point que moi aussi, j'ai pu verser quelques larmes ! En revanche, je n'ai pas beaucoup aimé le personnage de la femme du diplomate, la chinoise. Elle jouait très bien, mais son personnage m'énervait beaucoup : toujours en train de rire, de faire semblant, de cacher son jeu. Il me semblait (au début) qu'elle n'avait aucun sentiment pour quoique ce soit. Aucune compassion, aucune envie d'aider, aucune tristesse. Enfin bref, ce n'est pas pour autant que cette pièce ne m'a pas parut touchante. Elle m'a beaucoup plus au contraire ! Malheureusement, étant donné mon super niveau d'anglais, je n'avais pas compris qu'ils avaient parlé d'une "discussion" à la fin de la pièce... Je suis partie mais je serais bien restée !
Par ubcpoker le Vendredi 20 décembre 2019 à 1:32
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